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Le féminisme rendra possible pour la première fois aux hommes d’être libres.- Floyd Dell, 1914

Heureusement, de nombreuses personnes autour du monde remettent en question les présomptions courantes sur ce qui est considéré comme étant « normal » pour les femmes et les hommes. Les groupes féministes reconnaissent qu’au niveau collectif, il existe un déséquilibre de pouvoir entre les femmes et les hommes. Cette inégalité systémique, qu’on appelle le sexisme, se manifeste de diverses façons par des injustices dans les sphères sociales, économiques et politiques d’une société. La violence contre les femmes en est un exemple.

Il existe une grande diversité de points de vue et plusieurs courants au sein du mouvement féministe. Ce mouvement dynamique tire sa force des expériences réelles des femmes à tous les niveaux. Le féminisme vise l’équité entre les femmes et les hommes dans tous les aspects de la vie privée et publique. Les actions des groupes féministes ont pour premier but de lutter pour les droits des femmes afin de mettre fin aux injustices qu’elles subissent collectivement, peu importe leur situation géographique ou socio-économique, leurs origines ethnoculturelles, leur orientation sexuelle, leur identité de genre, leur capacité physique et intellectuelle, et toute autre caractéristique.

Les mouvements féministes lancent un défi aux normes sociales fondées sur le genre qui imposent des règles de masculinité et de féminité rigides. Ces mouvements envisagent un monde où chaque personne aura la liberté de se définir en tant qu’être humain à part entière, sans égard aux attentes sociales associées au genre.

Mythes

Le féminisme est souvent associé à des mythes, tels que :

  • « Les féministes sont anti-hommes. »
  • « Le féminisme vise à créer une société où les femmes ont tout le pouvoir. »
  • « Le féminisme est un complot pour mettre les hommes dans la cuisine. »

En fait, le féminisme reconnaît l’énorme potentiel de chaque personne – peu importe son sexe - de développer toute une gamme de caractéristiques humaines. Par ailleurs, le féminisme vise l’égalité entre les sexes (et toutes les personnes) et non la dominance d’un groupe de personnes sur un autre groupe.

Les iniquités nous nuisent

La promotion des relations saines et égalitaires et la lutte pour l’équité des femmes sont inséparables de la lutte contre toutes les formes d’iniquité. Cela est dû au fait que les femmes et les hommes représentent toute la diversité de l’espèce humaine. Afin de contrer les injustices sociales vécues collectivement par les femmes, il est nécessaire de cibler également les injustices faites à tous les groupes sociaux marginalisés. La promotion des relations saines et égalitaires est alors intrinsèquement liée à la promotion de l’équité et de l’inclusion sociale. Pour plus d’information au sujet de la promotion de l’équité et de l’inclusion sociale, visitez le site Web www.bienetrealecole.ca.

L’iniquité à l’égard des femmes est particulièrement liée à deux autres formes d’iniquité : l’homophobie et l’adultisme.

L’homophobie

Le sexisme est étroitement lié à l’homophobie (voir Glossaire) par la discrimination fondée sur le genre. La peur et la haine des personnes LGBTQ (lesbiennes, gaies, bisexuelles, transsexuelles, transgenres, et qui se questionnent par rapport à leur sexualité) est à la racine de cette forme de discrimination. L’homophobie se manifeste par des insultes homophobes et parfois par la violence faite aux filles et aux garçons, aux hommes et aux femmes qui transgressent les normes fondées sur le genre.

Il est important de souligner que ce sont les personnes LGBTQ qui vivent les répercussions les plus graves de cette forme de discrimination insidieuse. Toutefois, chaque personne dans notre société peut être la cible d’homophobie si elle ne suit pas les « règles » liées aux normes fondées sur le genre, ou si elle est perçue comme étant une personne LGBTQ. La lutte contre l’homophobie est alors inséparable de la lutte contre le sexisme en valorisant les relations saines et égalitaires entre les femmes et les hommes.

Adultisme

Le sexisme et l’homophobie sont également liés à l’adultisme (voir Glossaire). En effet, la socialisation (principal mécanisme d’éducation sociale) se fait principalement par le pouvoir que les adultes exercent sur les enfants et les jeunes. La socialisation fondée sur les notions traditionnelles liées au genre force les enfants à étouffer certains aspects de leur nature humaine, même si l’expression de ces caractéristiques ne font de mal à personne et ne font aucun dommage. Les enfants se sentent obligés d’adopter les caractéristiques dites « normales ».

Les adultes qui exercent un pouvoir positif favorisent le développement sain des enfants. Les adultes qui exercent un pouvoir négatif peuvent en fait freiner le développement et la croissance des enfants. Si, comme adultes, nous apprenons à respecter les enfants comme personnes à part entière, nous voyons plus clairement comment la socialisation traditionnelle peut limiter le développement sain des enfants. Il importe donc de questionner et même de partager notre pouvoir de façon appropriée en vue d’améliorer la capacité des enfants à faire des choix et à prendre des décisions.

Une telle approche, surnommée la prise en charge, facilite le développement de l’autonomie, la confiance en soi et l’interdépendance des jeunes. Elle augmente également la capacité des enfants à développer pleinement leur identité authentique, sans se voir imposer les contraintes des normes liées au genre. (Pour en savoir plus sur la prise en charge individuelle, cliquez sur « Prise en charge ».)

Importance et avantages

Le mouvement féministe, appuyé par les personnes qui s’identifient comme étant proféministes (voir Glossaire), réfute l’idée de la conception « naturelle » de ce que c’est d’être une femme ou un homme. Cette conception met les individus dans des carcans et leur impose des comportements et des façons d’être qui peuvent souvent les vulnérabiliser (s’il s’agit d’une femme) ou avaliser une dominance quelconque (s’il s’agit d’un homme). De telles normes sociales limitent le plein épanouissement d’une personne en tant qu’être humain.

Le féminisme est une force positive puisqu’au fond sa vision est inclusive. à partir d’un point de vue féministe, nous sommes en mesure de reconnaître le déséquilibre de pouvoir entre les femmes et les hommes, les enfants et les adultes et d’autres groupes sociaux.

Le carcan « genré » ciblé par la pensée féministe suggère que pour apporter un changement, il est essentiel d’engager les hommes dans la lutte pour l’équité sociale entre les sexes. En effet, l’engagement des hommes dans le mouvement féministe comporte de nombreux avantages :

  • la possibilité de se libérer des rôles restrictifs assignés au sexe;
  • transmettre le message essentiel du féminisme concernant l’importance de l’équité;
  • créer une société plus juste et égale où chaque personne se sentira respectée et aura sa place;
  • augmenter le nombre de lieux sécuritaires pour les femmes et les membres d’autres groupes vulnérables;
  • donner un rôle aux hommes dans la lutte contre l’homophobie, les comportements sexistes et les agressions contre les femmes;
  • assurer que les garçons et les jeunes hommes ont des modèles accessibles qui cultivent des relations saines et égalitaires.

En somme, la visée du féminisme est d’augmenter le nombre de personnes qui ont la possibilité d’influencer le parcours de leur propre vie par un meilleur accès au pouvoir politique et social collectif. à la longue, le féminisme vise à garantir à toutes et à tous la possibilité de combler leurs besoins et de jouir pleinement de leurs capacités, de leurs talents et de toute la gamme de leurs traits de caractère.