Ressources consultées

Devreux, A. M. (2004) Les résistances des hommes au changement social : émergence d'une problématique. Cahiers du Genre, numéro 36.

Déri-Dupuis, F. (2010) Le féminisme au masculin. Conjonctures, numéro 29.

Family Violence Prevention Fund, www.endabuse.org

Flood, Michael, 2002-2003. Engaging Men: Strategies and dilemmas in violence prevention education among men. Women Against Violence: A Feminist Journal, 13: 25-32.

Mayerl, R. (2002) Les hommes et la violence. City et Shelter

Peter D. Hart Research Associates, Inc. (2007) « Father's day poll. », Washington, D.C.: auteur. Un résumé du sondage sous forme de présentation power point est disponible en ligne à : www.futureswithoutviolence.org

Rocher, G. (1986) Introduction à la sociologie générale, Tome 3 : Le changement social. Le Seuil.

Rogel, T. (2003) Le changement social contemporain. édition Boréal.

Widmer, M. (avec G. Barker. et C. Buchanan), 2006. « Hitting the Target: Men and Guns », RevconPolicy Brief, juin 2006, disponible en ligne à : www.hdcentre.org/publications/hitting-target-men-and-guns

United Nations Entity for Gender Equality and the Empowerment of Women, Virtual Knowledge Centre to End Violence Against Women and Girls, www.endvawnow.org

Obstacles à l’engagement

Il y a plusieurs obstacles qui empêchent un homme de participer à la lutte contre la violence sexiste (d’après Funk, R., 2006, p.85). Parmi ces obstacles, on retrouve :

  • l’absence de modèles (accessibles ou non);
  • le fait de ne pas savoir quoi faire;
  • la crainte d’avoir « l’air idiot »;
  • la crainte de paraître trop « féminin »;
  • la crainte de paraître trop sensible;
  • le rejet des hommes qu’il connaît;
  • la réticence de reprocher à d’autres des comportements qu’il a peut-être lui-même adopté la semaine précédente ou la veille;
  • la culpabilité;
  • la peur devant l’intensité des problèmes, de perdre ses privilèges masculins, d’être exposé à la colère des autres hommes, de poser un geste pouvant être considéré comme une trahison, d’être accusé d’homosexualité;
  • la colère envers lui-même et envers les autres.

L’homme qui fait des changements dans sa vie et qui adopte une position plus ferme en faveur de l’égalité des sexes peut être perçu comme une menace pour d’autres hommes qui peuvent le ridiculiser ou le harceler (de Keijzer, Berkowitz, 2004).

Pourquoi certains hommes résistent-ils à s’engager dans le travail de prévention de la violence?

Les messages et les images qui vilipendent les hommes et les stéréotypent en tant qu’agresseurs font peu de choses pour les amener à s’associer à cette lutte. Une étude, parrainée par le Family Violence Prevention Fund, a été menée en 2000 aux états-Unis. Sur les 1 000 hommes interrogés :

  • 13 % disent ne pas s’engager dans des activités de prévention de la violence par crainte d’être ridiculisés et considérés comme contribuant au problème et non pas à la solution;
  • 13 % déclarent ne pas savoir quoi faire pour aider;
  • 31 % disent ne pas appuyer activement les efforts visant à éliminer la violence intrafamiliale parce que « personne ne leur a demandé de le faire ».
Des raisons d’être optimistes

Les messages et les campagnes visant à faire ressortir les forces et les capacités des hommes peuvent avoir un impact important sur ces derniers. Ces activités les encouragent à se percevoir comme faisant partie de la solution et à assumer davantage leur part de responsabilité dans la lutte contre la violence faite aux femmes.

Une recherche récente menée par le Family Violence Prevention Fund donne des résultats encourageants. Elle confirme non seulement l’impact positif que peuvent avoir les hommes dans la promotion de l’égalité entre les sexes, mais elle indique aussi une forte volonté de la part de ces derniers de le faire. Voici un résumé des résultats de la recherche :

  • Cinquante-sept pour cent (57 %) des hommes affirment pouvoir personnellement réussir à changer un peu les choses en matière de prévention de la violence familiale et des agressions sexuelles.
  • Soixante-treize pour cent (73 %) affirment pouvoir changer un peu les choses en matière de promotion de relations saines, respectueuses et non violentes auprès des jeunes.
  • Soixante-dix pour cent (70 %) sont prêts à trouver le temps nécessaire pour parler aux enfants de relations saines et non violentes (ce pourcentage était de 55 % en 2000).
  • Soixante-dix-huit pour cent (78 %) des hommes âgés de moins de 35 ans et 81 % de ceux âgés de 35 à 49 ans ont confiance en leur capacité de promouvoir des relations saines auprès des jeunes, comparativement aux hommes de 50 ans et plus.
  • L’intérêt des hommes envers ce sujet a augmenté de façon marquée depuis l’an 2000. Cinquante-cinq pour cent (55 %) des hommes affirment vouloir discuter de ce problème avec les enfants; 82 % des pères d’enfants de moins de 18 ans disent être prêts à trouver le temps d’en parler et 63 % des hommes qui n’ont pas d’enfants de moins de 18 ans abondent dans le même sens. (Peter D. Hart Research Associates, Inc., 2007)

Il est encourageant de noter que des recherches canadiennes menées en 2002 et en 2005 au Canada par la Campagne du ruban blanc indiquent également qu’un nombre croissant d’hommes canadiens sont préoccupés par le problème de la violence contre les femmes, et motivés à contribuer à sa prévention. (Pour voir des résultats de cette recherche, voir « Le saviez-vous? »)