Étape 1 : Exploration

Comment peut-on réduire la vulnérabilité aux agressions?

SCÉNARIO

HISTOIRE DE HADIYA

Hadiya est une élève en 8e année. Son copain exerce une pression sur elle pour avoir des relations sexuelles. Elle se sent mal à l’aise avec ça et elle a exprimé son hésitation, mais il continue d’insister. Hadiya se sent très seule et confuse. Elle ne veut pas perdre son copain, mais elle se sent de plus en plus inconfortable avec la situation.

Elle ne se sent pas à l’aise d’en parler à ses parents, car elle a peur qu’ils la punissent ou l’obligent de rester à la maison. Elle ne veut pas non plus en parler à ses amies, car elle a peur d’avoir l’air « nounoune » ou immature. Elle n’a jamais songé à la possibilité qu’à l’école, il y ait des adultes à qui elle pouvait en parler.

Hadiya participe à un atelier sur la prévention des agressions. Les membres de l’équipe d’animation parlent des agressions sexuelles contre les filles et les femmes et amènent les élèves à s’entendre sur une définition qui inclut les moyens subtils et explicites de forcer quelqu’un à avoir des rapports sexuels contre son gré. Lors de l’atelier, on discute des agressions sexuelles perpétrées par une personne connue, insistant sur le fait que ce type d’agression est la plus courante. On parle également de moyens pour se protéger et pour trouver de l’aide si on vit une agression. On a encouragé les élèves à identifier des adultes en qui elles et ils ont confiance et on a signalé des personnes ressources au sein de l’école.

Hadiya croyait que les agressions sexuelles comprenaient toujours de la force physique et étaient perpétrées par une personne inconnue. Elle ne savait pas que la plupart des agressions sexuelles sont commises par une personne connue. Elle commence à se rendre compte que son petit ami veut la forcer à avoir des relations sexuelles contre son gré. Elle comprend maintenant qu’elle a le droit de dire non et elle se rend compte qu’il y a des adultes à l’école à qui elle peut se confier si son copain ne la respecte pas.

(Ce scénario est adapté d’un scénario tiré du projet Bien-être à l’école, développé par le COPA en partenariat avec la Fédération des enseignantes et des enseignants de l’Ontario, à bienetrealecole.ca.)

QUESTION DE RÉFLEXION :

Pourquoi est-ce difficile pour Hadiya de se protéger et de résister à l’agression?

Réduire la vulnérabilité aux agressions par la promotion des droits

Chaque personne a le droit d'être « en sécurité, forte et libre ». Ce droit est indéniablement brimé lorsqu’une personne subit de la violence.

Tout enfant qui vit de l’intimidation ou une agression aux mains d’une ou d’un adulte et toute femme qui subit de la violence dans une relation intime (ou dans toute autre situation) ou une agression sexuelle perd son pouvoir et ses droits. Cette perte entraîne diverses répercussions dévastatrices. La personne n’a plus confiance en elle-même et ne se sent plus en sécurité. La violence entraîne des séquelles sur sa santé physique, psychologique et sexuelle. Dans certains cas, la violence se transmet d’une génération à l’autre - c’est ce qu’on appelle le cycle de la violence.

La perte du pouvoir et des droits est une des séquelles de la violence ainsi qu’un préalable à la violence. Une des approches à la prévention de la violence visant à faciliter l'autonomisation (empowerment) des personnes vulnérables a pour objectif de promouvoir leurs droits. Examiner comment les facteurs sociaux rendent les membres de certains groupes sociaux plus vulnérables aux agressions – que ce soit sur le plan individuel ou collectif – constitue un point de départ. De là, nous sommes plus en mesure de développer des stratégies qui réduiront cette vulnérabilité en créant des conditions qui permettront à ces personnes de préserver leurs droits.

Les femmes, les enfants, les adolescentes et les adolescents et les membres d’autres groupes sociaux marginalisés (personnes âgées, groupes ethnoculturels, personnes ayant une orientation sexuelle ou une identité de genre marginalisées, celles vivant avec une déficience intellectuelle ou physique ou un trouble d’apprentissage) sont plus vulnérables aux agressions, à la discrimination et à diverses formes d’inégalité et d’exclusion lorsqu’elles et ils:

Plus ces facteurs se multiplient, plus la vulnérabilité de la personne s’aggrave. Le renforcement continu de ces facteurs sociaux contribue à perpétuer les agressions et à maintenir le cycle de la violence.

En sachant que le manque d’information et de pouvoir, la dépendance et l’isolement rendent les personnes encore plus vulnérables aux agressions, à l’inégalité et à l’exclusion, nous pouvons concevoir des stratégies qui traitent précisément de ces facteurs en :

Les stratégies visant à réduire la vulnérabilité des femmes, des jeunes et d’autres groupes sociaux marginalisés contribuent à créer des conditions sociales susceptibles de faciliter l'autonomisation. Par ce fait même, on fait la promotion de leurs droits à la sécurité, à la force et à la liberté. Pour atteindre ces objectifs dans le milieu scolaire, nous pouvons :

  • donner aux élèves de l’information pertinente, réaliste, adaptée à leurs besoins et à leur niveau de développement sur toutes les formes d’agression (que l’agression soit infligée par une ou un adulte connu.e ou inconnu.e, ou par une ou un autre jeune) et leur proposer des stratégies et des moyens d’y résister;
  • cultiver chez les élèves une conscience de leur valeur individuelle, de leurs droits, de leurs responsabilités ainsi que de ceux des autres;
  • favoriser le développement des capacités et des habiletés des élèves;
  • augmenter la gamme de choix mis à leur disposition dans leur vie quotidienne;
  • veiller à ce que les élèves aient accès à diverses ressources communautaires efficaces qui respectent leurs droits;
  • encourager l’entraide et la coopération entre les élèves;
  • élargir le réseau d’adultes capables d’offrir du soutien respectueux aux élèves;
  • sensibiliser les membres de la communauté scolaire et les mobiliser pour lutter contre le problème de l’agression faite aux enfants et aux jeunes et favoriser sa prévention.

Lorsque nous faisons la promotion du droit à « la sécurité, à la force et à la liberté » des jeunes et des femmes (et de toutes les personnes), nous contribuons à prévenir la violence. Nous augmentons la probabilité que les jeunes résistent aux agressions et qu’ils vivent des relations saines et égalitaires. Nous contribuons ainsi à briser le cycle de la violence faite aux femmes.

Film : L'intimidation, c'est du sérieux!

Légende - Nous vous conseillons de visionner la vidéo L’intimidation, c’est du sérieux! qui traite des effets de l’intimidation à court et à long termes sur les jeunes. Les points de vue des jeunes et les souvenirs des adultes sur l’intimidation et ses répercussions témoignent de façon émouvante de l’importance de prévenir l’intimidation. Aucun manuscrit n’a été utilisé pour réaliser cette vidéo.